La HCM génétique

La cardiomyopathie hypertrophique féline génétique et héréditaire (CMH ou plus couramment abrégée HCM en anglais) peut concerner tous les chats qu’ils soient de race ou de gouttière. C’est une maladie qui concerne aussi l’homme.

Dans certaines races, les éleveurs ont un test génétique disponible (maine coon, ragdoll) : dans ces races, les premiers cas étudiés datent des années 90 et des études ont depuis eu l’occasion d’aboutir à l’identification de mutations et l’élaboration de test génétique.
Ce n’est pas le cas du Norvégien et de nombreuses autres races. En effet, les questions sur cette maladie dans ces autres races sont récentes, les recherches en sont à leur balbutiement. Il faut savoir que cette maladie génétique peut concerner pas moins de 10 gènes différents, de structure moléculaire très compliquée à étudier. Ce type de recherche s’apparente à du génie génétique, au même titre que les recherches onéreuses sur les maladies orphelines de l’homme dont on parle beaucoup dans le cadre du Téléthon. En attendant le développement d’un test génétique dans ces autres races félines, pour collecter des données, le suivi échographique est le seul moyen de faire avancer les connaissances sur cette maladie chez le Norvégien, le chat et chez l’homme.

C'est une maladie cardiaque (qui n’est pas toujours d’origine génétique) se traduisant par un épaississement des parois du cœur. Cet épaississement empêche le cœur, au fur et à mesure, de remplir son travail de pompe.
La maladie évolue de façon variable selon les individus et peut entraîner à plus ou moins brève échéance, la mort de l'animal.

La HCM génétique – qu'est-ce que c'est ?

Par le Dr Marie ABITBOL et le Dr Marc PETERSCHMITT pour l'équipe « HCM du Norvégien »
m.abitbol@vet-alfort.fr
peterschmittmarc@yahoo.fr

  1. une maladie héréditaire
  2. une maladie du cœur qui peut se solder par une mort brutale par arrêt cardiaque chez le jeune chat, le chat adulte ou le vieux chat, conduire à une insuffisance cardiaque ou ne jamais provoquer de symptômes visibles dans certains cas particuliers.

La HCM génétique – choix d'un chaton

Pour l’élevage : se renseigner auprès de l'éleveur sur sa politique vis à vis de l’HCM et sur les connaissances qu'il a des lignées dont sont issus ses chats.

Prendre le temps pour confronter les informations d'une analyse complète des ascendants, des collatéraux et des descendants du pedigree grâce aux bases de données winterfyre & pawpeds. Il n'existe malheureusement pas de recette miracle. Se faire conseiller par une personne objective qui est à l'aise avec la problématique HCM et possède des connaissances sur les lignées. Dans l’idéal, demandez à voir les résultats d’une échocardiographie de moins de 2 ans des 2 parents et/ou des 4 grands-parents.

Attention à ne pas tomber dans la psychose, à ne pas écarter toutes les lignées, à ne pas travailler en consanguinité exacerbée et ainsi à appauvrir fortement le pool génétique de la race.

La HCM génétique – que faut-il faire ?

 

  1. Un suivi échographique au minimum tous les deux ans de tous les reproducteurs, dès 18 mois d'âge et jusqu'à 8 ans, voire plus fréquemment (tous les ans) pour les chats de lignées à risque (cas avérés dans la lignée).
  2. Faire réaliser ce suivi échographique chez un vétérinaire reconnu pour ses compétences en échocardiographie : nous ne sommes pas autorisés à diffuser publiquement cette liste, se renseigner auprès du Groupe d'Etude en Cardiologie Pneumologie vétérinaire.
  3. Les connaissances sur la lignée du chat sont importantes (cas avérés de HCM, ancêtres décédés brutalement, ancêtres testés régulièrement et indemnes…), mais elles ne peuvent en aucun cas remplacer un suivi régulier par échographie quoique certains éleveurs de Norvégiens prétendent.
  4. Se renseigner auprès de sources fiables : articles parus dans des revues scientifiques, des revues vétérinaires, des bulletins de clubs de race ou provenant de vétérinaires spécialisés en cardiologie ou en génétique.
  5. Demander une autopsie et si besoin des analyses complémentaires à votre vétérinaire si votre Norvégien décède brutalement, ce qui pourrait correspondre à un arrêt cardiaque dû à l’HCM. Demander une analyse histologique en cas de doute sur le diagnostic après l’autopsie.
  6. Travailler en toute transparence et transmettre à votre vétérinaire ou aux docteurs responsables du projet « HCM du Norvégien » tout résultat échographique ou d’autopsie, qu'il soit favorable ou défavorable, de façon à pouvoir faire avancer les connaissances sur la maladie.
  7. Transmettre les résultats des examens échocardiographiques régulièrement ainsi qu’un prélèvement ADN (cytobrosse buccale ou prise de sang) des chats malades, suspects et sains si vous souhaitez participer activement à la recherche sur la maladie (voir fiche informative).

Le dépistage HCM

La clinique de la HCM héréditaire ne s’est jamais résumée, pas plus chez l’homme que chez le chat, à une défaillance cardiaque précoce. Il suffit pour ça d’étudier la bibliographie sur le sujet et d’analyser les données recueillies grâce à certains éleveurs ayant décidé de travailler en toute transparence depuis déjà une dizaine d’années, en suivant par échocardiographie leurs reproducteurs. Personne n'est en droit de prétendre pouvoir s'en dispenser par son recul sur sa lignée ou par ses connaissances scientifiques, ni d'affirmer par ailleurs avoir des chats sains à un âge donné, sans suivi échocardiographique.
La transmission génétique de cette maladie est mal comprise. Une des conséquences de cette réalité se retranscrit directement sur le tableau clinique de cette maladie, qui variera fortement selon le chat atteint. En France, les cas mortels d'HCM héréditaires du Norvégien ont affecté des mâles de 3 à 4 ans. Si la HCM héréditaire peut tuer avant deux ans, elle peut aussi entraîner beaucoup plus tardivement une insuffisance cardiaque sur plusieurs mois ou plusieurs années. En aucun cas, les défaillances cardiaques précoces (avant 2 ans) ne doivent être considérées comme les seuls cas de HCM héréditaires, c’est même rarissime chez la femelle qui développe la maladie très tardivement ou ne la développe jamais. En ce sens, personne ne peut prétendre avoir du recul sur des chats vendus en compagnie dont le suivi est très aléatoire.

Des divagations sur ce sujet discréditent le travail des éleveurs qui suivent rigoureusement leurs reproducteurs par échographie. Ces divagations sont délétères pour la race et elles sèment auprès des particuliers et des éleveurs débutants des informations erronées sur la réalité de cette maladie héréditaire. Si vous souhaitez des informations scientifiquement étayées sur ce sujet, nous sommes à votre disposition.

Pour les éleveurs adhérents à l'AID SKOGKATT, depuis l'espace adhérent, un document complémentaire :
» Description de la HCM - par Marc Peterschmitt, docteur-vétérinaire - bulletin AID SKOGKATT 49 - janvier 2010