Mondiale FIFe 2013


Par Marie-Pierre François, Alexandra Besson et la participation de Martine Monchicourt

Cette année, le plus grand rassemblement FIFe annuel se tenait à Aalborg au Danemark. Un évènement qui se prévoit.... en avance!

Comme pour chaque Mondiale, il s’agit d’abord de qualifier les chats: un BIV, une NOM ou un BIS lors d’une exposition FIFe durant l’année qui précède, sauf cas particulier des chatons qui se qualifient avec un ex 1, et des chats qui sont déjà Champions Internationaux FIFe. L’automne est donc bien souvent une grande course à la qualification pour nos chats qui se révèlent en condition ou nos chatons qui pourraient nous représenter dignement.

 
 

En ce qui me concerne, j’avais décidé d’amener Farrell, toujours en condition, qualifié et si facile à faire voyager même loin.

 De plus, Farrell ayant remporté la finale du Top Ten, c’était assez logique qu’il soit présent!

 Dès janvier, nous avons commencé à nous organiser pour le voyage, choisissant de réitérer notre folle équipée polonaise de 2011: Martine, Alexandra et moi, pour un trajet de 1200 km!

 Cette fois, Martine viendrait sans chat, juste en accompagnatrice: après trois nominations d’affilée aux mondiales de 2010-2011-2012, Camden avait bien mérité sa retraite!

Forest Cat Farrell


Les hôtels au Danemark étant assez chers, nous avons opté pour un centre de loisirs type “Center parcs” situé à une petite heure de route de l’exposition: l’occasion de prendre une journée de vacances supplémentaires.

Nous devions y retrouver de nombreux amis éleveurs, comme Chantal des Bords du Rhin ou Marie Amélie de Skadi’s.

 Malheureusement, à cause de circonstances familiales, Marie Amélie dut déclarer forfait. Quel dommage pour sa chatte Gaelic Legend de Laïloken, qui, à l’automne, et bien en condition avait remporté plusieurs bests!



Qu’à cela ne tienne, l’ ”Opération Legend” était lancée!

  • étape 1: RDV au bord d’un quai de gare, et transfert de Legend à Martine en provenance de Lille et sur la route de Nancy.
  • étape 2: récupérer Martine et Legend à la gare TGV et la ramener à Nancy.
  • étape 3: réussir à dormir une nuit complète avec Legend dans une chambre d’amis..... cette étape se révéla complexe pour Alexandra qui dut subir une nuit entière de ronrons dans les oreilles!
  • étape 4: après 12 heures de voyage, faire cohabiter Farrell et Legend dans notre maison de location; les deux tourtereaux se sont-ils rappelé leur lune de miel de 2012?.... en tout cas, en bons norvégiens bien dans leurs pattes, les deux chats se sont révélés d’excellents et adorables colocataires.
  • étape 5: installer Legend dans sa cage perso. Là, mission impossible! Legend était devenue inséparable de Farrell, et après quelques grattages frénétiques, nous avons cédé et installé les deux ensemble dans la même cage!
 
  • étape 6: présenter Legend lors du show. Quel bonheur, une chatte si gentille et si facile à présenter! Legend n’a pas failli et a remporté aisément son point de CACS, avant de perdre le BIV face à une très rude concurrence. 
  • étape 7: ramener Legend à Marie Amélie lors d’un nouveau transfert via Martine sur un quai de gare....."Opération Legend" réussie!

 La Mondiale n’est pas qu’une histoire de chats: c’est aussi une histoire d’amitié, d’échanges et de rencontres, et cette fois encore nous en avons bien profité!

Pour moi, un vrai bonheur d’avoir pu présenter Gaelic Legend grâce à cette petite chaîne d’amitié, et d’avoir également présenté Farrell dans le plus grand et difficile groupe de neutres jamais vu lors d’une Mondiale! Et finalement d’avoir vu le petit fils d’un de mes chatons exporté en Suède remporter le titre suprême: un grand bravo à S*Myselisia’s White Cloud, WW2013

 

 

 Vivement à Prague, l'an prochain !

Marie-Pierre François

Quelle joie de pouvoir mettre toutes les trois cap au nord pour une des plus grandes mondiales de ces dernières années, à Aalborg ! Voilà le sentiment  d’ Alexandra Besson …Le lieu est magique : nous sommes logées à Oester Urup, l’été une station balnéaire très fréquentée, et en cette saison un lieu presque désert, mais d’une grande poésie, qui invite aux promenades, entre soleil gris, lumière de perle, mer à perte de vue, dunes couvertes de roseaux, d’herbes folles et de fleurs sauvages... restaurants fermés dès 19h, aussi – le dernier soir, nous nous retrouverons à manger à la station service, haut lieu (car unique lieu) de la vie nocturne locale.


Le samedi matin, après avoir bravé déviations et traversées de chemins boueux, nous découvrons enfin avec joie la salle d’exposition : le Gigantium d’Aalborg.

L’équipe d’organisation a choisi le thème de l’hiver et de la neige, et nous pouvons admirer arbres couverts de givre, guirlandes de flocons et cocardes d’un blanc étincelant.

Royal Canin, sponsor du Top Ten, est aussi celui de la Mondiale, et nous sommes gentiment accueillies sur leur stand ; nous repartons avec un sachet contenant plusieurs cadeaux très appréciés par les chats.

Comme toujours aux Mondiales, c’est aussi le paradis du shopping, et nous ne résistons pas à tous les gadgets inédits et originaux qui s’offrent à nous... je repars avec un plumeau au nom de ma chatterie, un arbre à chat, un tunnel, une tasse, et des tonnes d’autres bricoles.

Comme je suis venue sans chat, ma Gudrun s’étant hélas blessée quatre jours avant l’expo, j’ai tout le loisir de suivre les jugements. Je navigue entre les deux groupes à plus fort effectif, le groupe 4 et le groupe 6 : soixante chats en groupe 4, avec Raymond Saetre, et cinquante en groupe 6, avec Anne Veland. La compétition est très rude, et c’est une joie de découvrir en chair et en os nombre de chats déjà vus sur internet. Mais, outre les jugements, les discussions qui parcourent la nuée de spectateurs sont elles aussi passionnantes. Comparer deux chats, c’est souvent opposer deux visions du Norvégien, deux interprétations du standard, et nombre de points suscitent des débats animés.

Les oreilles ? Certains soutiennent que, le standard demandant qu’elles suivent les lignes du triangle, elles doivent être dans l’alignement, donc assez basses, pour ne pas casser l’harmonie de la tête ; d’autres répondent que des oreilles trop basses ou orientées trop sur le côté donnent un air endormi et cassent l’expression alerte du Norvégien. La taille fait aussi débat : de « grandes » oreilles, est-ce que cela doit signifier « très grandes » ?

La fourrure ? Faut-il préférer une fourrure très dense et broussailleuse, avec un poil de garde bien rêche, privilégier une qualité très sauvage, quitte à avoir des motifs peu discernables, moins flashy, ou chercher à assouplir le poil de garde pour obtenir des motifs mieux définis et des couleurs plus attractives, quitte à perdre en sous-poil et se rapprocher, disent certains, d’un poil de Maine coon ? La guerre du toilettage fait aussi rage, entre les adeptes du tout naturel et les fans du bien préparé.

Les yeux ? Certains vont juger très sauvage une expression qui ne convient pourtant pas à d’autres, qui critiqueront une ligne supérieure trop plate ou un œil trop enfoncé. La taille des yeux fait aussi débat, entre un grand œil certes alerte, mais peut-être trop dominant, et un œil plus petit, mais peut-être trop élégant.

La structure de corps ? Le Norvégien est un grand chat, et certains déplorent que les éléments techniques de la tête aient été trop travaillés au détriment du gabarit, de l’ossature, et des pattes arrière plus hautes que les pattes avant ; d’autres répondent qu’un grand chat aux lignes de tête approximatives n’est pas mieux. Devons-nous chercher à avoir des chats toujours plus grands, ou devons-nous nous méfier des corps trop longs : dénaturent-ils le Norvégien ? Les amoureux du chat costaud mais un peu cobby, ramassé, s’opposent aux passionnés des corps longs et des pattes très hautes.

Bref, à Aalborg, on réfléchit beaucoup à l’avenir de la race, avec passion et avec conviction. Et bien sûr, la santé occupe également les conversations, avec la découverte récente de la PK Def et de nombreux porteurs dans notre race ; la mondiale est aussi l’occasion pour les éleveurs de s’informer, et de discuter de la meilleure façon de réagir face au souci. Mais parfois, on a sous les yeux des chats si beaux, si magiques, que les conversations se taisent et qu’il ne nous reste plus qu’à admirer la splendeur incomparable de nos félins venus du grand nord.                   

La mondiale, c’est aussi ça : un feu d’artifice de beauté !


Je suis avec une attention toute particulière le jugement du chat grâce à qui nous sommes là, le fier vainqueur du Top Ten, IP SC Forest Cat Farrell, JW, DVM, et depuis, DSM. Farrell n’a pas de chance, car il a au point un très rude concurrent : SW10 GIP SC Just Catnap's Santos, JW, DVM, DSM.

C’est un véritable choc des titans, et les spectateurs sont nombreux. Raymond Saetre hésite très longuement, à tel point qu’incapable de choisir, il n’attribue pas le point, et demande aux deux chats de revenir pour le BIV, quelques heures plus tard !

Le suspense est à son comble. Enfin, au terme d’une nouvelle confrontation interminable (j’ai mal pour les exposants qui tiennent ces deux beaux monstres à bout de bras !), Raymond Saetre choisira Santos, avec une tonne de compliments pour ces deux beaux mâles. Farrell, lui, se consolera en beauté un mois plus tard en Belgique, lorsqu’il décrochera le dernier BIS qui donne droit au titre de DSM.

Raymond Seatre et les deux chats

Les jugements finis, je vais faire la tournée des chats que je rêvais de voir en vrai, et j’ai la joie de pouvoir admirer, tenir, caresser nombre de chats que j’avais adorés sur photo. La mondiale est un merveilleux moment de rencontres et d’apprentissage pour nous tous.

Le retour fut assez périlleux, car un ouragan s’est déchaîné sur le nord de l’Europe, et devait croiser la route qui serait la nôtre en début d’après-midi. Ce fut donc une véritable course contre la montre pour partir le plus tôt possible et quitter la zone où déferleraient des vents à plus de 160 km/h avant qu’il soit trop tard.

Nous avons eu beaucoup de chance, certains amis à nous moins : plusieurs d’entre eux ont passé des heures et des heures bloqués dans leur voiture, ont été chassés de l’autoroute évacuée, et ont dû trouver en catastrophe des hôtels dans des villes plongées dans le noir.

Je suis heureuse que tout le monde soit finalement arrivé à bon port... et j’ai hâte, hâte de repartir, cette fois vers l’Est, pour Prague en 2014 !